Le cerveau de Woyzeck, siège du chaos humain et urbain

DISTRIBUTION // Andres : Virgile Ancely, Marie : Estelle Béréau, Le Capitaine : Vincent Bouchot, La Grand-Mère : Caroline Chassany, Le Docteur : Christophe Crapez, Margret : Hélène Fauchère, Woyzeck : Rodrigo Ferreira, Le Tambour-Major: Guilhem Terrail, Direction musicale : Pierre Roullier Et l’Ensemble 2e2m, Mise en scène : Mireille Larroche

Aurélien Dumont / Dorian Astor / Mireille Larroche / Péniche Opéra / Théâtre de Vitry / Cité Balzac 2013-2014

Nous autres, spectateurs, acteurs, créateurs, sommes aujourd’hui sous l’emprise du double chef-d’œuvre que sont le Woyzeck de Büchner (1837) et le Wozzeck de Berg (1925). Le second a mis partiellement de l’ordre au premier, et marque de façon indélébile notre lecture de la pièce. Pourtant, il est essentiel de se poser à nouveau la question de la fascination exercée par Büchner, et du désordre de son Woyzeck.

C’est ainsi qu’est née l’idée d’une commande : revenir aux fragments de Büchner afin d’en faire émerger la musique et le livret d’un opéra pour notre temps. Remonter à un état du texte où les personnages ne pas encore constitués en caractères psychologiques, mais flottent dans un état intermédiaire, en marge. Je devrais dire, où les personnages ne sont plus – ou pas encore – des sujets, rejetés qu’ils sont de et par la normalité sociale et par elle, rejetés de leur propre corps, de leur propre identité, condamnés à errer dans des no man’s lands à la fois physiques et psychiques, espaces invisibles suppurés par nos sociétés, et où les rapports de pouvoir et de désir toujours balbutient leur reconfiguration, quelque part entre poésie visionnaire et violence sauvage.